Madelin peut-il gagner ?

23 mars 2014. C’est un Jean-Jacques Bridey ébranlé et seul qui annonce d’une voix atone les résultats du premier tour des élections municipales dans la salle des mariages de la mairie.

Bien qu’arrivée en tête, la liste du maire sortant compte moins de voix que les 50% cumulés par la liste Pradier (centre-droit, sans étiquette) montée à la va-vite quelques semaines plus tôt et la liste de Kibong (UMP).

Une semaine plus tard Bridey l’emporte avec 200 voix d’avance devant Pradier, les deux listes de « la droite la plus bête du monde » (*)  s’étaient maintenues au second tour faute de trouver un terrain d’entente.

Décembre 2017. Création de l’association « Mieux vivre à Fresnes »  dont l’objet est de « faire le choix de la qualité de vie et du dynamisme pour notre ville. (..) « . A sa tête, Antoine Madelin, directeur des relations publiques du nouveau maire de droite de l’Haÿ-les-Roses, Vincent Jeanbrun.

Madelin qui par le biais de « Mieux vivre à Fresnes »  se fait connaître du milieu associatif fresnois à l’occasion des concertations sur le plan local d’urbanisme, de l’affaire de l’antenne de téléphonie à St-Eloi, qui participe au conseil de quartier sud, et lance sa campagne des municipales avec des réunions publiques en juillet 2019.

Plus de deux ans de réseautage et de préparation sur le terrain donc.

A cela s’ajoute un paysage politique dégagé à droite puisque toutes les autres listes sont menées par des conseillers de l’ancienne majorité municipale, éparpillée façon puzzle: celle de l’union de la gauche de Chavanon, celles de LREM (**)  de Vafiades, et des « dissidents » Um et Domps, dont les tracts et tribunes nous amènent à penser qu’ils entretiennent tous des relations exécrables et qu’une fusion de listes ou un désistement apparaissent difficiles.

En revanche, le programme de Madelin parait largement compatible  avec celui de Vafiades dont les priorités sont police et vidéoprotection, propreté, animation, et environnement, ce qui laisse entrevoir une possibilité de rapprochement des listes des deux candidats lors du second tour.

2020, pour Madelin : le changement c’est maintenant ?  (***)


(*) pour le lecteur Zoulou : c’est une expression de Guy Mollet

(**) bon, certains pourraient argumenter que LREM est à droite. Je simplifie ici. Dans tous les cas cela ne ferait que rendre plus plausible le dernier argument du billet.

(***) pour Zoulou toujours, c’est de François Hollande

18 réflexions sur “Madelin peut-il gagner ?

  1. C’est surprenant car vue d’un fresnois qui fréquente peu d’association (sûrement pas les bonnes en tout cas), Antoine Madelin semble vraiment sorti de nulle part. Inconnu il y a peu, on l’a vu débarqué comme ça.
    En plus, au début avec les questionnaires on a eu plus l’impression qu’il cherchait des idées…Bref je suis très dubitatifs.

  2. Ah enfin le retour de la plateforme politique de vrais échanges Fresnois!
    Titre un peu racoleur…
    La campagne de Madelin a été lancée en Mai, mais aujourd’hui on le voit seul dans la rue à tracter, comme Um, alors que Vafiades et Chavanon sont toujours en équipe… Domps fait il campagne?
    A très vite en tout cas!
    Juste citoyen, mais toujours là ☺️!
    Rémi

    1. Ce n’est pas la vérité. Madelin tracte la plupart du temps en équipe (même si celle-ci réduite à une petite dizaine de fidèles), avec des supports d’affichage et il faut lui reconnaître d’avoir réellement occupé le terrain ces dernières semaines, davantage sans doute que tous ses concurrents. Vafiades peut compter sur le même nombre de soutiens actifs mais semble moins présent sur le terrain. Domps est en binôme avec Betty Adda et travaille surtout son électorat de proximité (Fleurs, Pasteur, …), Um est effectivement très seul mais s’efforce d’exister. L’équipe Chavanon est la plus nombreuse et la plus organisée mais c’est souvent le cas avec l’équipe sortante qui bénéficie des réseaux de la ville (associations, seniors, …).

      1. Vafiades organise une marche dans la ville ce samedi en début d’après-midi, avec une présence permanente au niveau de la mairie.

  3. Mais qu’y a t’il réellement à gagner ?
    Gouverner une ville sans avoir le soutien d’une majorité de fresnois comme il y a 6 ans quand la liste élue ne disposait pas de 40% des suffrages exprimés ?
    Gouverner une ville sans être en capacité de tenir ses promesses de campagne (cf. article précédent) faute de moyens financiers pour ce faire ?
    Gouverner une ville en devant supporter une coalition de circonstance et des colistiers avec lesquels on ne partage finalement pas grand chose, avec toutes les chances d’éclatements futurs ?
    La victoire aura un goût amer pour Marie Chavanon, Antoine Madelin ou Philippe Vafiades (par ordre alphabétique et sans vouloir faire injure à Richard Domps et Jean-Jacques Um à qui je souhaite de réaliser les 5% leur permettant d’être remboursés de leurs frais de campagne).

    1. Si Domps et Um faisaient au moins 5% chacun, cela ferait près de 10%, probablement essentiellement rognés sur l’électorat Chavanon, non ?

        1. Je ne sais pas. En tous cas cela rend les choses plus difficiles pour la liste Chavanon au second tour.

        2. On ne récolte que ceux que l’on a semé. A trop exclure (même si les exclus en question n’étaient pas tout « blancs ») et à vouloir écarter les élus des diverses oppositions de tout processus décisionnel voire même simplement informatif l’équipe municipale a réussi l’exploit de monter beaucoup de monde contre elle. Ce n’est pas forcément le fait de Marie Chavanon elle-même, mais le résultat en est le même.

          1. Vous avez l’air d’avoir des infos. Pourriez-vous nous en dire plus svp? j’avoue ne pas savoir de quoi vous parlez.

  4. Des élus socialistes ont été démis de leurs délégations et par incidence de leurs postes d’adjoints, un autre de son rôle de Président du groupe PS au sein du Conseil Municipal, tous ont dû démissionner de la cellule locale du PS, aucun des élus LAREM n’a été associé à la SEMAF contrairement à la pratique en vigueur au préalable qui consistait à permettre aux représentants des oppositions à y siéger. Si certaines de ces décisions assumées par Marie Chavanon peut être compréhensibles (il ne m’appartient pas d’en juger, n’en connaissant pas forcément tous les tenants) elles ont inévitablement braqué les personnes concernées.
    Il est en revanche beaucoup plus discutable, voire anormal, que les élus des oppositions n’aient plus été consultés préalablement aux projets en cours qu’ils ont découvert à posteriori (ex. Fresnes Demain). Ils n’ont également plus été conviés à certains événements et célébrations de notre ville (ex. : inauguration de Périquoi, dîner des anciens, …). Une volonté manifeste à l’approche des élections de les éloigner de la population fresnoise. On est bien loin de la démocratie participative invoquée qui doit normalement commencer par s’exercer au sein même du Conseil Municipal.

  5. Bonjour
    A l’époque j’avais passé les 2 journées et nuits du dimanche et du lundi à l’issue du premier tour pour tenter de convaincre les 2 camps dont les membres faisaient partie du même noyau initial et qui donc se connaissaient très bien. 2 hommes tiraient les ficelles en coulisse Bridey et Dell Agnola … Nous ne pouvions pas gagner cela nous était interdit! …
    Les choses ont changées … Les hommes se sont effacés (un peu poussé…) et l’union s’est faite dès la constitution de la liste.

    Ce n’est donc pas une apparition spontanée mais une suite persévérante .

  6. Conclusion d’un article de mediapart paru ce jour

    https://www.mediapart.fr/journal/france/100320/fresnes-l-appetit-immobilier-de-l-ancien-maire-s-invite-dans-la-campagne?onglet=full

    « Jean-Jacques Bridey a depuis quitté la ville et les amis d’hier sont devenus les adversaires d’aujourd’hui. Dans le cadre de l’élection municipale, Marie Chavanon doit, en plus de son opposant principal Antoine Madelin, affronter trois de ses anciens collègues. Aucun d’entre eux ne veut lui faire de cadeau. Car si elle est très peu évoquée dans la campagne, l’affaire de la Semaf a laissé des traces. Et les rancœurs sont telles qu’elles pourraient même pousser les anciens « Bridey boys » à se liguer, entre les deux tours, contre la maire sortante »

    1. Toutes les alliances sont éventuellement possibles … mais au bout du compte ce sont les électeurs qui choisissent, … nul n’est propriétaire de ses voix, … surtout pour ceux qui n’auront pas atteint les 10% et ne pourront fusionner au 2ème tour.

      1. Ah inexact !

        • seules les listes dépassant 10% peuvent se maintenir au second tour
        • les listes ayant obtenu entre 5 et 10% peuvent fusionner avec une liste qui a plus de 10%

        Source : vie publique

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