Fresnes, la vidéosurveillance sera déployée malgré une volée de critiques d’élus de la majorité municipale

wpid-20151111_081626.jpg« Nous sommes en pleine démagogie » , « Cette démarche va à l’encontre d’une démarche d’humanisme et de proximité », »il m’avait semblé que la consultation des habitants était pour nous une ligne de conduite » : ainsi se sont exprimés des conseillers de la majorité municipale, au conseil du 10 novembre, avant d’indiquer qu’ils voteraient contre la demande d’une subvention pour le déploiement de la vidéosurveillance à Fresnes. Un vote finalement adopté avec les voix du PS et des oppositions de droite, après un scrutin à bulletin secret demandé par EELV. Le maire JJ Bridey était absent.

Une démarche vers la vidéosurveillance  peu lisible

Revenons un instant sur la chronologie des faits car elle illustre la manière de mener les affaires municipales à Fresnes

  • Début février 2015, le panorama Fresnois (n° 132 page 9) , présente la future commission locale à la tranquillité publique et annonce « Le système de vidéo protection en ville: Ce serait une réponse pour sécuriser l’activité des
    commerçants et certains espaces publics. Une étude devrait démarrer prochainement »
  • Le 12 février 2015, la commission locale est créée lors d’un vote au conseil municipal
  • En mars l’étude démarre (voir note de synthèse ci-dessous). Ni le conseil municipal, ni la commission fraîchement créée, ni les conseils de quartier à peine installés ne sont « dans la boucle » à cet instant là.
  • En avril, le conseil municipal est sollicité pour un vote, non pas sur l’étude qui a déjà démarré mais sur la stratégie sécurité du CISPD (instance des communes de Fresnes et l’Haÿ pour la sécurité) qui comprend plusieurs volets dont l’étude en question. C’est l’occasion d’une première fracture de la majorité municipale. Lors de cette séance, le conseiller Israel indique que le sujet sera abordé lors de l’assemblée plénière du CISPD en septembre 2015 ( ici, à 4’50 »). Le maire précise aussi que l’étude a été inscrite au budget voté en début d’année. Un sujet passé inaperçu à l’époque.
  • En novembre, hier donc, le conseil est sollicité non pas pour décider du déploiement de la vidéosurveillance, mais pour demander une subvention à l’État pour un déploiement de vingt caméras à Fresnes. Le déploiement a déjà été implicitement décidé. Ailleurs.

Des promesses non tenues

Pourtant, en avril dernier, le maire avait indiqué que l’étude lancée en mars serait rendue publique et débattue, ce qui ne s’est pas avéré jusqu’ici ( JJB à partir d’1’10, échange avec le public)

Un plan à plus de 500 000 euros

Lors de la séance du conseil de ce 10 novembre, le conseiller Israel présente le plan de déploiement du dispositif : 20 caméras placées près des zones commerciales, et aux abords de la Prison [dont la gestion n’incombe pourtant pas à la ville …], filmant en permanence, mais sans agent visualisant les images en direct. Il s’agit d’un dispositif de « vidéo élucidation » , dont l’objectif est de servir aux forces de l’ordre après qu’un délit ait eu lieu. Le coût de cette première tranche est de plus de 450 000 euros pour l’installation, les subventions devraient s’élever à 200 000 euros. En revanche aucune estimation des coûts récurrents de maintenance n’est donnée. Une deuxième tranche avec des caméras supplémentaires est prévue pour 2017.

Les critiques les plus dures émises par des élus de la majorité municipale

C’est ensuite au tour des conseillers apparentés PS et maires-adjoints d’intervenir : Alain Perrigault  qui dénonce vigoureusement le dispositif, puis Michel Souillac affirme en termes mesurés mais très durs son désaccord avec la méthode, à savoir l’absence totale de concertation avec la population.

Philippe Lecomte (EELV, majorité municipale) mène la charge la plus lourde en relevant une étude opaque, le défaut d’information des conseillers, la mise devant le fait accompli, l’absence d’informations détaillées sur le dispositif, l’absence d’estimation des coûts de fonctionnement, et au final une initiative démagogique et attentatoire à la liberté individuelle.

Josselin Aubry (majorité municipale PC,maire adjoint) est contre également, dénonçant l’inutilité du dispositif et l’atteinte à la vie privée. Quant à Metir, il préfère aux caméras et au « tout sécuritaire » , le pari de l’humain et l’embauche d’éducateurs.

Une convergence PS-droites sur la vidéosurveillance

Du côté des pour, Kibong (LR) qui avance que ces dispositifs font baisser de 30% la délinquance (ce qui est faux comme nous l’avons montré ici) , le groupe Pradier – qui avait inscrit la vidéosurveillance au programme des municipales – et évidemment le PS revendiquant le droit inaliénable à la sécurité.

Un résultat néanmoins prévisible

Le vote à bulletin secret demandé par EELV valide le déploiement de la vidéo surveillance par 21 voix pour et 13 contre.

Vers des lendemains qui déchantent ?

Division de la majorité municipale sur le processus de concertation sur l’évolution urbaine, deuxième vote clivant qui met à mal la politique du maire JJ Bridey, autant de signes qui augurent de moments difficiles dans l’avenir et qui posent question sur la qualité de la concertation pour l’évolution urbaine de la ville (Fresnes 2030) avec une première séance publique prévue le 23 novembre prochain.


Notes

Leparisien.fr rapporte également les débats du conseil.

Ci dessous les interventions lors de ce vote :

  • Israel (PS)
  • Perrigault (apparenté PS, contre) à 6’2 »’
  • Souillac (apparenté PS, contre) à 11’1 »
  • Pradier (UDI, pour) à 12’20
  • Kibong (LR, pour) à 13’20
  • Metir (Fresnes à venir, contre) à 16’43
  • Lecomte (EELV, contre) à 19’07
  • Aubry (PC, contre) à 25’24
  • Helbling (PS,pour) à 29’38

Note de synthèse expliquant les tenants et les aboutissants de la délibération

5 réflexions sur “Fresnes, la vidéosurveillance sera déployée malgré une volée de critiques d’élus de la majorité municipale

  1. la bonne affaire pour le marché de la vidéosurveillance, sinon, une capuche ou un casquette et en baissant la tête n’importe quel voyou fait ce qu’il veut. Rien ne remplacera la présence de police, mais pour ça il faudrait embaucher des gens plutôt que dépenser des fortunes en matériel ou en ralentisseurs inefficaces comme près de chez moi…mais on est à Fresnes, personne ne respecte rien parce que on sait qu’on ne risque pas de se faire prendre par une police absente. Alors, on applaudit quand les riverains font eux mêmes le nettoyage de leur quartier…on ferait mieux de surveiller et faire payer les pollueurs plutôt que de faire leur ménage…à quoi servent les impôts ?

  2. Excusez moi. Mais tout le monde n’est pas contre la vidéosurveillance. Je suis farouchement pour. C’est toujours un plus dans la sécurité surtout par les temps qui court avec tous ces attentats.Et même avec une cagoule on peut reconnaître la corpulence, les vêtements, les voitures utilisées car bien souvent, ces personnes habitent la ville même.

  3. où est la police municipale ??? au 10 rue ténine les voitures ne sont pas verbalisés alors qu’elles gênent l’accès de la résidence sophora !!

    pendant ce temps là la Mégane de la police municipale elle est où ??? Après un ou deux PV les gens ne le referaient pas !

    En 2011 tentative de vol rue jean Pierre, parfois je croise la personne qui a forcé la voiture, […] mais il y a prescription, devrais je un jour me faire justice moi-même ?

    Les tragiques évènements de cette nuit à Paris me confortent dans mon analyse, inutile d’en dire plus sur la politique de la majorité municipale, non contente d’avoir pris une raclée pour les cantonales de 2014 (départementales pardon !) elle va prendre une claque aux régionales surtout quand on voit la liste exotique XXXXX de Barto ! Bridey quittera l’hemicycle en 2017 et c’est tant mieux !

    Vivement 2017 même si malheureusement le pire est encore à venir…c’est pas deux trois éducateurs qu’il faut et des listes communautaristes avec des gens des groux ou des cités dortoirs de la vallée aux renards mais des gens compétents qui ont l’objectif de sortir les gens de l’assistanat plutôt que de les y enfermer !!

    Faire du social a ses limites et la sécurité est aujourd’hui fondamental surtout ds les quartiers ! A quand des grands sièges sociaux à Fresnes pour renouer avec l’attractivité économique de notre territoire ??

    Bizarrement à Fresnes on s’en tamponne le coquillard ! Ils étaient ds des HLM en 1980 30 ans plus tard ils y sont encore, reproduction sociale ou clientelisme electoral ?

    Les caméras ne sont pas une réponse au problème mais montre les limites du socialisme municipal

    • Je suis parfaitement en phase avec vous, et moi aussi je suis en colère !
      J’envisage même quitter la ville de Fresnes, après c’est compliqué mais j’attendrai pas de voir le résultat des conneries de Bridey et de sa bande de loulous en 2020 ! On sera parti d’ici là je pense
      Bridey s’achète sa paix sociale (et ses électeurs) en ayant une attitude irresponsable dans la gestion de la ville : écoles, commerces, sécurité, transports, nettoyage…
      On se sent complètement abandonné de la police dans cette ville, on m’a volé ma voiture comme beaucoup à la peupleuraie ces temps ci il n’y a jamais de patrouille de police dans Fresnes le soir, les voleurs le savent : 1 voiture (brigade de l’Hay les Roses pour 4 communes !)
      […] Il y a eu plusieurs cambriolages en RDC à la peupleuraie il y a de cela 10 jours.
      Je me moque de la police municipale avec des effectifs renforcés (des jeunes filles de 25 ans !) qui font 9h-16h30 et qui viennentt aligner les particuliers dans notre quartier au lieu de le faire sur des gens n’ayant pas de carte de stationnement… Je préfère encore les caméras. Il faut une vrai police patrouillant de jour comme de nuit (pas la peine d’avoir 50 policiers)
      Voilà mais de toute façon, sans manifestation de masse contre la politique du maire, il ne se passera rien.
      Et merci à ce blog citoyen qui m’a vraiment éclairé sur les actions de notre maire et de ses loulous (et je pèse mes mots)

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